La route Alger-Lagos opérationnelle en 2018: Pour une véritable intégration africaine

La route Alger-Lagos opérationnelle en 2018: Pour une véritable intégration africaine

Khider Larbaoui

La route transsaharienne Alger-Lagos, via le Niger, longue de 4.600 km, sera opérationnelle en 2018. Il reste 220 km à réaliser sur le territoire du Niger. C’est ce que déclaré, dimanche dernier, Abdelkader Messahel, ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des États arabes. Le vieux rêve de créer la liaison entre la mer Méditerranée et le Golfe de Guinée (océan atlantique) sera ainsi concrétisé au profit des peuples africains. Avec ses différentes ramifications entre l’Algérie, le Mali, le Niger et le Nigéria, cette liaison aura une longueur de 9.500 km. Au niveau de la Méditerranée, le port d’attache sera celui de Cherchell. Il est prévu une jonction autoroutière entre ce port et   l’autoroute Nord-Sud, au niveau de la localité d’El Hamdania, sur les hauteurs de la Chiffa, relevant de la wilaya de Médéa.

Le port de Cherchell, en projet, sera, selon li ministre des Transports et des Travaux publics, Boudjema Talaï, « le plus grand en son genre en Méditerranée » et sera entouré d’une zone industrielle de 2000 hectares. La route qui le reliera à El Hamdania permettra le transport de marchandises par conteneurs vers les wilayas du Sud et même vers les pays africains limitrophes. En effet, comme le souligne Messahel, la « Transsaharienne est importante et stratégique, car elle favorise le partenariat entre les Africains ». Le ministre a aussi fait état du lancement d’une autre route à partir du Tchad, qui sera raccordée à la Transsaharienne, au Niger, et qui est, actuellement à 34 km des frontières nigériennes. Cela permettra, explique-t-il,  l’ouverture de la route vers le centre de l’Afrique.

La Transsaharienne bénéficie d’une étude, qui vient d’être lancée, aux fins de sa valorisation sur le plan économique. L’étude, par laquelle sera établi un schéma d’aménagement, touche l’Algérie, le Mali et le Niger. Il y a lieu de rappeler que cette grande infrastructure dispose d’un  comité de liaison, appelé Comité de liaison de la route Transsaharienne (CLRT) présidé par Mohamed Ayadi. Ce dernier a justifié, en février dernier, cette étude en ces termes: « Nous travaillons sur l’élaboration d’un schéma d’aménagement entre le nord du Mali et du Niger, et l’extrême sud de l’Algérie, pour construire une microéconomie et définir ce que les trois pays peuvent échanger, et élaborer une vision commune pour valoriser nos potentialités ».

 

Le schéma d’aménagement touchera l’ensemble du linéaire, avec ses différentes ramifications, soit 9.500 km. Cela se concrétisera, d’après ses concepteurs, par un « plan de réalisation de projets d’infrastructures et d’équipements capables de booster la dynamique économique sur le corridor de la Transsaharienne, notamment dans les zones frontalières ». En effet, qu’est-ce que c’est que l’intégration africaine sans échanges économiques et sans l’exploitation des possibilités d’investissement et d’entraide entre les pays concernés? Ces échanges économiques et cette recherche d’investissement ne peuvent se réaliser sans infrastructures de communication, tout en sachant que  ces dernières, réalisées sur des zones souvent désertiques, ont un coût de revient fort élevé, particulièrement pour des pays comme le Mali et le Niger, au niveau desquels des tronçons demeurent encore non réalisés à ce jour.

K.L