Présidentielle française : Les favoris minimisent l’importance du premier débat

Présidentielle française : Les favoris minimisent l'importance du premier débat

Par Impact24

PARIS (Reuters) – La campagne pour l’élection présidentielle entre vraiment dans le dur lundi avec un débat télévisé réunissant sur TF1 et LCI les cinq principaux candidats, une première dans l’histoire politique française.

A un peu plus d’un mois du scrutin, l’exercice a presque des allures de dernière chance pour les prétendants décrochés dans les sondages, François Fillon et Benoît Hamon, alors que ceux qui font la course en tête des intentions de vote, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, s’évertueront de préserver leur capital.

La présidente du Front national a voulu en minimiser la portée dimanche, y voyant non « pas un tournant », mais « un des éléments de la campagne ».

« Ce débat, je l’espère, permettra d’aborder le fond des propositions » dans un débat présidentiel jusqu’ici plombé par les affaires, a-t-elle dit sur France 3.

« Ce qui est sûr, c’est qu’il montrera à l’évidence que les propositions qui sont les miennes sont très différentes de celles de mes adversaires, qui s’inscrivent en réalité dans une politique qui a déjà été menée en France depuis des décennies ».

Emmanuel Macron, cible de tirs croisés de plus en plus nourris depuis qu’il a creusé l’écart sur ses adversaires de la droite et de la gauche classiques dans les enquêtes d’opinion, va dans le même sens.

« Je ne pense pas que ces débats changent tout », a-t-il dit au JDD, « ils permettent de cristalliser des choses qui sont déjà là ».

Le chef de file d’En Marche!, novice en politique, évoluera en terre inconnue, ayant choisi de boycotter la primaire de la gauche et ses débats qui ont consacré Benoît Hamon aussi nettement que celle de droite a permis de faire émerger la candidature de François Fillon.

Selon le JDD, il entend utiliser son temps de parole « ‘pour tordre le cou à quelques idées’, en particulier celle selon laquelle son programme ne serait qu’une version de gauche de celui de François Fillon. »

HAMON SOUS LA MENACE DE MELENCHON

Côté François Fillon, on veut aussi minimiser l’enjeu du débat de lundi. « Il y aura plusieurs débats avant l’élection et les Français sont encore très loin de leur choix », déclare Bruno Retailleau, bras droit de l’ancien Premier ministre, toujours dans les colonnes du JDD.

Pour le candidat LR, dont l’image a été sérieusement entamée par le « Penelopegate » et ses suites, – la derrière en date l’affaire des costumes offerts par l’homme d’affaires franco-libanais Robert Bourgi, l’enjeu est de retrouver l’aura de crédibilité qui lui a permis de terrasser ses adversaires à la primaire de la droite et du centre.

Si sa baisse dans les sondages a été enrayée, l’ampleur de son retard sur Emmanuel Macron lui offre pour l’instant peu de perspectives de présence au second tour.

Benoît Hamon est lui en net recul dans les dernières intentions de vote et sous la menace directe sur sa gauche de Jean-Luc Mélenchon, qui a réussi une démonstration de force en réunissant des dizaines de milliers de sympathisants samedi à Paris.

Le candidat socialiste, qui a réussi son grand meeting parisien de Bercy dimanche, est en quête d’un nouvel élan pour éviter que le sentiment du vote utile ne se renforce au profit d’Emmanuel Macron.

Prévu pour durer deux heures et demie, le débat de TF1

comportera trois thèmes : quel modèle social pour la France ? (éducation, écologie, sécurité, immigration…), quel modèle économique (fiscalité, temps de travail et chômage) et quelle place pour la France dans le monde (construction européenne, rapports vis-à-vis de la Russie et des Etats-Unis, rôle de la France dans la lutte contre le terrorisme international).

Deux autres débats sont programmés avant le premier tour, l’un par les chaînes d’information BFMTV et CNews et l’autre par France 2, qui réuniraient cette fois l’ensemble des onze candidats validés par le Conseil constitutionnel

Source Reuters