L’argent en politique : nerf de la guerre ou cancer ?

L’argent en politique : nerf de la guerre ou cancer ?

Par Omar Benbekhti

La politique n’est-elle en définitive qu’une affaire d’argent ? Au regard de ce que nous observons jour après jour, dans de nombreux pays et systèmes politique, on serait tenté de croire qu’il n’existe plus d’engagement politique fondé sur l’amour de la Cité, ou la défense et la préservation des valeurs permettant d’assurer le vivre ensemble à des individus regroupés en citoyens. Il est vrai aussi que politique rime avec pouvoir et que les hommes ou les femmes qui s’engagent en politique n’ont plus d’autre ambition que d’exercer le pouvoir et s’asseoir le plus longtemps dans les fauteuils qui permettent son exercice. Qu’à cela ne tienne. L’humanité sait depuis toujours que le pouvoir fascine plus que toute autre chose et que la jouissance qu’on en tire n’a d’égale que le souci permanent d’y demeurer le plus longtemps possible, souvent jusqu’à la mort.

Cependant, il devient difficile de séparer à présent pouvoir et enrichissement, argent et exercice du pouvoir. Beaucoup de personnes, incapables d’exercer un quelconque métier, n’ayant souvent jamais travaillé, ont pu trouver dans le pouvoir une source d’enrichissement aisé et sans nécessité d’être qualifié. Ce terrible constat renvoie en premier lieu à la crédulité des populations acceptant de se laisser mener, et souvent berner, par des ignorants, des incompétents, des malhonnêtes, voire des voleurs. En second lieu, cette apparente naiveté, se double d’un appétit insatiable de privilèges et des prébendes qu’offre aujourd’hui encore l’occupation de hautes fonctions dans la machinerie du pouvoir.

Les scandales à répétition et les révélations qui se multiplient autour de graves détournements, abus de biens sociaux et autres corruptions à grande échelle commis par de nombreux hommes et femmes politiques, ici et ailleurs, laisse un goût amer aux contribuables qui voient ainsi leur argent détourné au nom de ces politiciens qu’ils pensaient œuvrer au bien de la Cité quand ils ne faisaient que se servir et dilapider l’argent du Trésor public, c’est-à-dire notre argent.

L’arrivée d’un Donald Trump à la tête de l’empire où l’argent est roi, serait-elle le signe annonciateur d’une ère où on ne fera plus de la politique pour gagner facilement de l’argent et s’enrichir sur le Trésor public, mais où on devra d’abord gagner de l’argent, en travaillant et en produisant, avant de se lancer en politique et prétendre à gouverner ?

Alors, peut-être, accepterons-nous que l’argent devienne de nerf de la guerre et non pas un cancer qui gangrène les comportements des hommes politiques devenus « tous pourris » !

 O.B

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