Kleptomanes et commis-voyageurs…basta !

Des élections ça sert à quoi ?

L’opportunisme primaire et alimentaire d’arrivistes qui se prennent pour des hommes politiques, continue de tenter, en vain, de régénérer un pouvoir décadent. Bouteflika est devenu «président du FLN». Alors que l’Algérie coule à pic, ce parti qui dégénère, vient de faire du chef de l’Etat son président. En«acceptant» cette nomination, celui-ci  confirme qu’il ne s’accommode que de la médiocrité. Et la  «base militante», qui l’a nommé, se révèle pour ce qu’elle est : une association  de  kleptomanes tout juste bon à se presser devant l’écuelle, faisant ainsi injure à ceux qui firent du FLN l’arme politique d’une Guerre de Libération historique. Mais ce mépris et cet opportunisme abject et indécent ne sauraient, seuls, caractériser les pantins politiques dont le système nous gratifie depuis trop longtemps déjà.

A l’autre bout de la chaîne, un autre pantin politique qui a quitté le gouvernement en 2012, vient donner des avis et conseils sur la baisse des prix du pétrole, l’échec des privatisations, la gestion des entreprises publiques et la politique économique du gouvernement.

Après avoir été, dix années durant, ministre de la Promotion des investissements et de l’industrie et n’avoir rien fait d’autre que concocter une stratégie industrielle fumeuse et  rhétorique, montée au prix fort à travers de grandes kermesses dans les hôtels luxueux de la capitale, il ose encore s’exprimer sur un échec cumulé sur dix ans. Le sien!

Déclarer que «toute entreprise peut faire appel à un consultant extérieur pour améliorer sa gestion et son organisation», c’est la preuve qu’on a été inutile durant l’exercice de son ministère censé «réformer» la démarche des entreprises publiques. Déclarer que «le secteur public marchand doit connaître une réforme profonde qui implique un redéploiement des Entreprises publiques économiques (EPE)», c’est d’une telle banalité qu’on se demande que ne l’a-t-il fait durant son long règne! De tels clichés exprimés par un«commis-voyageur» déguisé en ministre-économiste, démontrent l’inanité de gouvernants choisis pour leur seule proximité de quartier et qui n’ont jamais fait la preuve de leurs qualités de gestionnaires, juste capables de jouer les fonctionnaires bureaucrates d’organisations internationales en quête d’indigénat.

Comment peut-on avoir voulu privatiser les entreprises publiques, lorsqu’on fut en charge du secteur et déclarer plus tard que «si des relations doivent s’établir entre l’état et l’epe, elles doivent s’exprimer dans le cadre des organes sociaux de l’entreprise, notamment le conseil d’administration, qui seraient indépendants et ne devraient obéir qu’au code du commerce». 

Dire que la solution «est dans la transformation du cadre de fonctionnement de l’économie, et dans des politiques plus pertinentes de relance de la croissance…nous n’avons pas fait suffisamment pour créer des capacités de croissance endogène» semble paradoxale, car on peut rétorquer : avez-vous seulement songé à enclencher le commencement d’un début de croissance endogène?

De telles attitudes, qu’elles renvoient aux kleptomanes ou à des ministres-commis-voyageurs, démontrent combien la situation est réellement préoccupante quant au mode de gouvernance assuré par un régime indu-occupant.

«Ce sont des leçons que nous n’avons pas retenues» ; déclarent ces «géants de la pensée». Ne pas retenir de leçons de décennies de gabegie, cela peut être aussi une autre façon de dire au petit peuple que nous sommes, combien notre crédulité est incommensurable!

Ce qu’oublie de dire notre ministre-économiste c’est que, et Benflis vient de le rappeler à juste titre, «en fait, l’échec est partout ; car le pouvoir n’a pas de projet politique», et il n’a jamais eu de modèle économique. Le pays est dans l’attente d’un projet politique, et d’un modèle économique.  Et il se refuse désormais à n’avoir pour gouvernants que kleptomanes et commis-voyageurs!

O.B

Texte paru le 04 juin 2015