Un Brexit « historique » pour la presse britannique

Un Brexit
La Une d'un journal britannique consacrée au Brexit, le 29 mars 2017 à Londres

Par Impact24

Londres (AFP) – Euphoriques comme le Daily Mail titrant « Liberté! » ou circonspects comme le Guardian qui redoute un « saut dans l’inconnu », les quotidiens britanniques étaient d’accord sur un point: le caractère historique du Brexit déclenché mercredi.

La presse européenne regrette elle une « séparation douloureuse » et prévoit un « chantier titanesque » et des années d' »incertitude ».

« L’Histoire nous regarde », titre The Times (conservateur)qui décrit le processus de sortie de l’Union européenne comme « le plus grand bouleversement politique depuis la Deuxième guerre mondiale ».

« Portons un toast à ceux qui rêvaient de ce moment », écrit dans son éditorial le Daily Telegraph, pro-Brexit.

Les tabloïds europhobes s’en donnent à coeur joie, comme le Sun, qui titre « Dover and out », contraction du nom anglais de la ville de Douvres et de « over and out », qui signifie « terminé ».

Le quotidien a incrusté ces mots au-dessus d’une photo des falaises blanches de Douvres qui semblent toiser le continent européen en face. « Il est enfin arrivé… le jour le plus important de l’histoire moderne du Royaume-Uni. Aujourd’hui Theresa May va officiellement dire à l’UE: nous partons », écrit-il en Une.

Grand détracteur de l’UE, le Daily Mail proclame « Liberté » et félicite la Première ministre Theresa May d’avoir repoussé la contre-offensive de « l’establishment politique et judiciaire europhile » depuis le référendum du 23 juin où 52% des Britanniques ont voté pour sortir de l’UE.

Comme tous les journaux, le Daily Mail relaye l’appel de Theresa May à l’union sacrée autour du Brexit, alors que les velléités d’indépendance en Écosse et la crise politique en Irlande du nord menacent l’unité du Royaume.

Le Brexit va « affaiblir les 27 États membres restants (de l’UE) et risque d’embarquer ce pays dans une décennie au moins d’instabilité », note le Guardian, quotidien pro-UE de centre gauche, qui redoute « un saut dans l’inconnu ».

« Chère UE, il est de temps de partir », lance avec regret le Daily Mirror, tabloïd de gauche pro-UE, qui demande à Mme May de « défendre les intérêts des travailleurs britanniques au moment de discuter du divorce » avec les 27.

En Allemagne, la Frankfurter Allgemeine Zeitung note que « se séparer est douloureux ». « Personne ne peut dire avec certitude ce qu’il va se passer dans les deux prochaines années. Une seule chose est sûre: ça ne va pas être de la tarte », souligne le quotidien.

Le conservateur Die Welt prend l’accent allemand pour tendre, en anglais, la main à Londres: « dear Brits, ze door is schtill open ». « Ce n’est pas trop tard », insiste également la Berliner Zeitung.

« Brexit: vous nous manquez déjà! Ou pas? » titre en Une le quotidien français de gauche Libération, qui imagine deux scénarios pour le Royaume-Uni cinq ans après le Brexit. Côté pile, « ça roule »: « le Brexit a réussi à Londres et à Theresa May réélue triomphalement en 2020, la croissance est là, et le royaume toujours uni ». Côté face, « ça s’écroule »: « étranglé économiquement, sans l’Irlande du Nord et l’Ecosse, Londres revient la queue entre les jambes demander sa réintégration dans une UE en pleine forme ».

« 29 mars 2017: le jour où le Royaume-Uni dit adieu à l’Europe », titre le journal conservateur Le Figaro, qui consacre une double page aux « enjeux d’un chantier titanesque ».

En Italie, la Stampa (cenre-droit) titre: « Brexit, le jour du divorce » et revient sur l’Ecosse qui réclame un nouveau référendum d’indépendance. « Une sécession contre le Brexit: l’Ecosse défie maintenant Londres », souligne aussi La Repubblica (centre gauche).

Source AFP