36% des harragas algériens sont des diplômés universitaires

Rim Othmani a soutenu, en 2015 à l'EHESS de Paris, une thèse de doctorat en sociologie sous le thème: «L'expérience migratoire illégale : le cas des migrants clandestins algériens», sous la direction de Serge Paugam. Photo : DR

Par Amar Naït Messaoud

Les immigrés clandestins algériens, harragas, sont constitués de jeunes diplômés universitaires, à raison de 36 %, selon une étude faite par Rim Othmani, qui travaille au sein de l’Ecole des Hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris. Les résultats de l’étude ont été exposés lors d’une conférence-débat qui a été organisée, le lundi 22 février, au Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC) d’Oran.

«Ce sont des diplômés et des travailleurs qualifiés, âgés entre 18 et 30 ans avec une prédominance d’hommes de la classe moyenne ayant affronté un marché du travail précaire et, dans une démarche d’autonomie, tentent l’aventure», a expliqué la conférencière.

Si la sortie vers des cieux «plus cléments» des cadres algériens -dans le cadre d’une émigration légale ou d’étudiants en bourse qui ne sont pas retournés en Algérie- était qualifiée de «fuite des cerveaux», la sortie par la voie illégale, dans l’aventure océane, de jeunes diplômés ne fait que renforcer ce mouvement de départ de la matière grise nationale formée à coups de milliards de dinars.

Le débat a braqué le regard sur les raison d’une telle saignée, mettant en relief l’ambiance malsaine du «pessimisme» et du «sentiment d’exclusion». De ce fait, les jeunes, diplômés ou non, sont tentés de dépasser l’impasse qui est dressée sur leur voie en Algérie pour chercher un «avenir meilleur»…ailleurs, et y réaliser leurs ambitions.

L’auteure de l’étude qui a travaillé sur un échantillon de 95 migrants clandestins, dont 55 en Algérie (Oran et Annaba), âgés entre 18 et 30 ans, est arrivée au résultat de 36% de diplômés universitaires parmi les harragas qui ont tenté l’aventure de la sortie illégale du territoire. En outre, 27% des jeunes échantillonnés en Algérie sont détenteurs de diplômes ou de qualifications de la formation professionnelle.

Rim Othmani a soutenu, en 2015 à l’EHESS de Paris, une thèse de doctorat en sociologie sous le thème: «L’expérience migratoire illégale : le cas des migrants clandestins algériens», sous la direction de Serge Paugam.

A.N.M.