18 FEVRIER «YOUM ECHAHID»

18 FEVRIER «YOUM ECHAHID»

Par Chabane Noredine

« Aucune existence du présent sans présence du passé, et donc aucune lucidité du présent sans conscience du passé. Dans la vie du temps, le passé est à coup sûr la présence la plus lourde, donc possiblement la plus riche, celle en tout cas dont il faut à la fois se nourrir et se distinguer. » 

« Il est parfois des hommes qui naissent en portant dans leurs cœurs leur peuple et leur pays, ils portent aussi dans leurs têtes l’intelligence de la lutte de libération, avec des gestes et des usages et des actes hérités de l’histoire ancestrale de leurs aïeux. Ces hommes héros de leur temps, en raison des pièges de l’Histoire politicienne, se sont trouvent relayer, malgré eux, dans les oublis de l’histoire. C’est pourquoi, Il faut exprimer la réalité solennelle et familière de ces modeste et humble hommes ossature de notre triple vérité culturelle «  historique humaine et morale ».

Les anges et les diables s’étant mélangé, Il faut exprimer notre combat de libération dans une langue faite de maquis de montagne, de rivière, de  ruisseaux, et de la confrontation des larmes et du sangs ».                                       

Aucun acte ne mérite autant la reconnaissance éternelle d’une nation que celui d’avoir perdu la vie pour l’honneur et la liberté de celle-ci. Mais en revanche, rien n’est plus méprisable que l’odieuse tentation pour les descendants de l’honorable homme qui s’est sacrifié, d’en tirer profit. Une situation qui n’a que trop duré dans notre pays l’Algérie.

Les Chouhadas sont les météores irradiants de la révolution de novembre 54 que beaucoup croit morte et dont les braises sont encore chaudes sous la cendre, prêtes à rejaillir pour empaqueter les traîtres, malfaiteurs, malfaisants, corrompus et incompétents qui s’accrochent au fauteuil, sans le mériter.

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Est-ce que les Chouhadas ont sacrifié leur vie, seulement, pour la libération d’un territoire et un drapeau qui flotte dessus ? NON, NON et NON. Les Chouhadas ont donné leurs vies pour cela et aussi pour que le peuple Algérien puisse vivre dignement dans la justice sociale et la répartition équitable des richesses du pays, entre tous ces enfants.

 

La devise de nos Moudjahidines, chouhadas était : « Par le peuple et pour le Peuple ». Et à notre tour, nous avons dit : « un seul héros, le peuple »

Qu’en est-il aujourd’hui de ce peuple ?

Le peuple c’est la jeunesse surtout. Qu’en est-il de cette jeunesse ?  

 

Aussi c’est en tant que citoyen Algérien, fils et frère de Chahid, que je voudrais  aujourd’hui, m’exprimer ici à l’ intention de tous ceux qui se réclame de la famille révolutionnaire, avec ce qu’elle représente de fille et fils de moudjahidine et de Chahid.

La journée nationale du Chahid devrait nous inciter à réfléchir avec lucidité sur cette notion afin d’être en phase avec la réalité trop longtemps ignorée.

Reconnaissant que les membres de la famille révolutionnaire malgré la sincérité de leur démarche, l’approche patriotique qu’ils ont faite, est erronée dans l‘appréciation de l’analyse de la situation du pays. D’importantes erreurs d’ordre sociopolitique et organique ont était faites par les différentes structures, que personne n’a su  conduire à bon escient.

 

Alors que beaucoup parmi nous ont une expérience, qui leur permet d’être le moteur d’une « ré-Evolution » démocratique, c’est le contraire qui est fait. Nous avons servis à cautionner un système qui s’est joué de nos pères de nous-même et qui, si l’on ne se réveille pas pour réagir, se jouera encore de nos enfants. Les associations de Moudjahidines et de leurs fils, et les associations d’enfant de chouhadas se devaient d’encadrer notre jeunesse dans ses revendications légitimes de justice et de modernité, mais il n’en a rien été, chacune de ces associations ne cherchant que les intérêts immédiats de ceux qui les dirigent. Il est navrant de constater que l’erreur sociopolitique, qui a été faite, provient d’une mauvaise appréciation des événements, et est dut surtout à la manipulation qui a été faite de ces associations. Des mains habiles se sont servies des patriotes sincères pour protéger leurs intérêts, alors que les missions et objectifs du mouvement de la famille révolutionnaire de par son devoirs, ces misions et objectifs devait s’élevait contre tout le mal qui a été fait depuis l’indépendance à ce jour, contre le pays et le peuple Algérien.

Qu’a fait cette famille révolutionnaire si ce n’est que d’entretenir la haine et la vengeance sur l’ennemie d’hier, pour faire brouillard sur leurs soumissions à tous les systèmes qui se sont succédé, dont ils se font complices de la rapine.

A titre d’exemple, rien que dans des affaires de scandales financiers, les sommes Algérienne détournée, qui se trouvent dans les banques étrangères, dépasse  les quelques quatre cent mille (400 000) milliards de dollars. Et tout cette argent c’est le bien de l’Algérie, c’est le bien du peuple Algérien. Apparemment les vautours  de l’Algérie indépendante on voler au peuple Algériens, en cinquante  (50) ans,  plus que n’a pris le colonialisme Français en cent (100) ans.

       

        Aujourd’hui, il faut en urgente priorité, définir un nouvel axe d’unité et d’action à partir duquel un nouvel élan doit se faire, pour d’éradiquer la dilapidation. Pour cela il faut procéder à des changements dans notre forme d’organisation et de communication.

 

– Dès l’indépendance, notre pays a été pris en otage par ceux qui dans le passé était au service de l’ennemi qu’ils ont déserté pour infiltrer les forces combattantes et mettre à exécution leur plan d’accaparement de la révolution de novembre 54.

– C’est ainsi qu’ils ont détourné la révolution de ses objectifs initiaux et s’en sont servis pour atteindre le pouvoir sans avoir à justifier de leur intégrité morale.  

– Dés lors qu’ils ont pris le pouvoir,  ils devinrent des intouchables à qui tout était permis.

– De Coup d’Etat militaire en coup d’Etat scientifique, le pays a été violé et telle une prostitué, passé d’une main à l’autre, entre des bonhommes aussi sordide les uns que les autres, qui utilisaient le langage de l’honorabilité du pays et du sacre des Chouhadas pour mieux te manger mon enfant.

– Et ainsi habillés de prestige et de gloire faussement acquis, ils ont dépouillaient la révolution de novembre de ses valeurs. Rapaces ils ont désossé l’Algérie pour s’enrichir, au détriment du peuple qu’ils ont laissé dans la misère, la faim, la soif et l’amertume.

 

Et après plus d’un demi-siècle (50 ans) d’indépendance, à ce jour, il reste des villages qui n’ont pas d’eau ; ceux qui l’ont, n’ont pas d’électricité, et ceux qui l’ont, n’ont pas de gaz ! Trimbalant des butanes sur le dos des femmes et des enfants comme des mulets pendant que l’homme pour nourrir sa famille, peine pour un médiocre salaire, lorsqu’il a trouvé du travail.       

 

Pendant qu’ici et ailleurs, les signes extérieurs de richesse de la maffia politico financière, apparaissent, en construction de châteaux et moyens de locomotion dernier cris, narguant ainsi la jeunesse, qui est sans le sous, vivant encore dans des gourbis ; quant à ceux qui habitent dans un appartement, ils sont là à faire la chaîne pour un espace de sommeil… 

 

Où allons-nous ? Un demi-siècle après l’indépendance les Veuves de Chahid sont encore dans la précarité pendant que les détournements à coup de centaine de milliard se font chaque jour que Dieu fait……

La corruption suce le sang des citoyens qui doivent donner la « tchipa » pour tout et rien.

Quelles interprétations peuvent donner nos jeunes et les parents  à tous les vols et détournements qui se produisent dans notre pays ? Ces « milliards volés »  c’est l’argent du peuple et le peuple c’est la jeunesse.

 

Jusqu’à quand ? Quelles sont les limites de la souffrance ? Les jeunes ont commencé par jeter des bouteilles à la mer S.O.S. Help.  Puis ils ont décidé de se jeter eux même à la mer, sur des radeaux de fortune ! Aucune terre hospitalière en vue à l’horizon, rien que des requins. Alors les jeunes sont devenus des kamikazes se faisant sauter avec des ceintures d’explosifs ! Ayant vu que cela ne menait à rien, ils se sont immoler par le feu devant les yeux de l’Etat et les caméras des TV. Et enfin pour les calmer l’état leur a ouvert le robinet de l’aide au financement de projets. Mais la jeunesse n’a pas besoin qu’on lui donne un poisson tous les jours, elle a besoin qu’on lui apprend à pêcher le poisson par elle-même.

Jusqu’à quand cela va-t-il continuer ainsi ?

Il ne fait aucun doute que le peuple algérien a dépassé les années d’incertitudes. Aujourd’hui, il est complètement revenu de toutes les promesses mensongères.

La patience a laissé place à l’irritation, l’espoir à la déception, la bonne volonté et le silence conciliant que beaucoup interprétèrent comme une muette approbation a disparu.

 

Le peuple demande des comptes, il dresse un impitoyable constat de faillite. Ce malaise de plus en plus profond est perçu même  par les observateurs les plus lointains ; il atteint la presque totalité  des couches sociales.

Cette nouvelle phase du mécontentement que nous qualifierons d’active, s’exprime par des accusations précises, mettant en cause, d’une façon globale les autorités, ne permet plus à ceux qui envers et contre tout, se refusent à reconnaître la vérité et fuient leurs responsabilités.

Ceux-ci refusent farouchement de faire leur autocritique ; mieux, ils se rejettent les responsabilités dans toute affaire scandaleuse et qui continuent à utiliser de honteuses dérobades ou d’argumentation simpliste, tendant à démontrer que ceux qui s’opposent à leur politique sont des réactionnaires.

L’avenir de l’Algérie n’a que faire de cette dialectique et de ses clichés stéréotypés. Le chômage, la misère, les injustices flagrantes, les privilèges criants ne peuvent être masqués. Ils opposent un démenti cinglant et catégorique et définitif aux partisans de la trahison.     

Les organisations, associations et Fédération des filles et fils de moudjahid et de Chahid ne sont qu’un leurre, qui sert le système et les hommes au pouvoir. En aucun cas ces structures ne peuvent prétendre représenter dignement ceux dont ils se réclament.

Nous avions presque oublié l’existence de ces organisations qui ont connus leurs apogées en même temps que notre malheur débutait.

Et à ce jour, ni l’organisation, ni la fédération, ni les associations éternellement enfants de chouhadas, ne se sont posé la question de savoir qui les autorise à intervenir dans des affaires qui ne sont pas dans leurs attributions. Quant à nous donner des leçons de démocratie, et de choisir en notre nom, trop c’est trop et il est temps d’affronter un tabou qui nous emprisonne depuis trop longtemps.

 

Le lecteur intelligent et de bonne foi comprendra de lui-même le préalable du propos sévère qui va suivre, et qui consiste surtout à ne pas confondre, la vaste escroquerie morale et l’honneur de nombreuses familles qu’il n’est nullement question de salir. Ceci vaut également pour toutes les organisations d’Etat concernant les anciens moudjahidines.

La leçon nous est donc donnée avec la condescendance de ces différentes associations (ONEC. CNEC. FNEC et autres) qui croit encore en leurs pouvoir divin d’autrefois. On y trouve comme à la glorieuse époque, la vigueur du ton qui traduit la grande colère en même temps que l’approche qu’impose le sentiment qu’ils ont de leurs autorités morales et de leur mission de gardiens du dogme. Alors qu’ils ne sont même pas capables de s’entendre entre eux sur le minimum vital. Ils ont dévié de la ligne fondatrice, il faut les remettre sur le droit chemin, comme de vilains enfants. Et ce droit chemin est bien entendu d’arrêter leurs «chahut» qui consiste à continuer à se gavées du sang des martyrs, moulées dans les idéaux de la reconnaissance éternelle à nos morts, qui en fait est, a été, et reste leurs registres de commerce.

Mettons tous les responsables des structures des filles et fils de chahid et voyons voir s’ils sont capables de s’unir, d’établir un même programme d’action et de se dissoudre en une seule et même structure. Je ne crois pas cela possible pour la simple raison que chacun d’eux se croit meilleurs et supérieur à l’autre, et ne cèdera pas un pousse de la chaise qu’il occupe, et des passes droits et intérêt financier qui, vont avec.

 

L’ONEC, la CNEC, la fédération et autres, ont oublié qu’avoir perdu l’être cher «  le chahid » au profit de l’idéal national ne donne pas des droits mais des obligations morales. Elles consistent notamment à porter haut les principes pour lesquels l’homme juste s’est sacrifié. Et si l’Etat a consenti des avantages financiers aux familles ou des dérogations sur un certain nombre de dispositions légales, celles-ci doivent être à la mesure de la décence car la douleur ne se monnaie ni financièrement ni en termes d’influence. La nation honore le martyr et soulage la peine de la veuve et de l’orphelin, pas le contraire. Mais le plus choquant est que cette douleur donne prétexte à certains pour s’immiscer dans l’organisation politique du pays et de se substituer aux discours qui devraient être, en démocratie, l’exclusive mission des représentants politiques. Plus grave encore est d’avoir soutenu une ligne qui a contribué à mutiler un peuple après l’avoir dépouillé.

Nous nous souvenons tous de la mission de ces organisations qui avaient en charge de nous rappeler, du matin au soir, la litanie de nos devoirs moraux afin de détourner notre attention sur la plus grande escroquerie qu’ait connue l’Algérie : «N’as-tu pas honte de faire ceci alors que des hommes ont donné leur vie pour que tu bénéficies d’une instruction !… C’est scandaleux de dire cela et de salir la mémoire de nos martyrs Comment oses-tu critiquer un régime politique dévoué à la mémoire de nos héros ».

Rien n’a, semble-t-il, changé et le propos tenu à ce jour, est loin de la mission normale d’une association vouée à la mémoire des morts pour la patrie. On y retrouve comme par hasard la reprise presque mot pour mot du discours officiel.

On peut même entendre dire : «Nous constatons qu’il n’existe aucun parti politique capable d’encadrer la dynamique sociale et d’organiser les forces de la société tant qu’ils associent la revendication aux considérations religieuse, linguistique, identitaire et historique».

Pour qui a vécu la période faste de ces chefs de file d’enfant de chouhadas qui utilisaient tous ces ingrédients pour créer le ferment de la manipulation mentale, c’est le comble du comble !!

Considérons encore que depuis l’avènement du multipartisme il y a plus de dix (10) partis politique dont le chef, le Secrétaire général ou, le leader est fils de Chahid. Dix fils de chahid à la tête de dix partis politique qui n’ont pas été capable de trouver un trait d’union, un point commun, pour aboutir à l’entente sur un minimum vital qui pourrait servir le pays et profiter à la société Algérienne. Dix partis politiques dirigés par des fils de chahid, prétendant à la magistrature suprême, qui n’ont pas été capable de s’entendre entre eux sur une même démarche, un même objectif, un même homme à porter à la tête de l’état.

En dépit de la création de ces partis où ils peuvent unifier leurs forces, et les mobiliser notamment. Rien n’a changé. Et en plus ces chefs de partis qui revendiquent hors et fort la succession au pouvoir de l’état, sont à la tête de leurs partis depuis sa création c’est à dira depuis plus de 20 ans.
Plus d’un demi-siècle après l’indépendance nationale, il faut que ces personnes comprennent que nos enfants ne seront pas aussi dociles pour accepter d’idolâtrer une façade masquant toutes les turpitudes du monde. Ils auront la liberté et l’intelligence d’avoir un rapport à l’histoire qui soit dénué de toute manipulation. En tout cas qu’on ne compte pas sur eux pour continuer à passer à la caisse et se plier aux injonctions et aux menaces qui leur seront faites au nom d’un passé dont ils ne sont pas redevables.

Le respect envers les actes héroïques n’a jamais eu besoin du tambour des marchands du temple pour être ressenti.    

Sous quelque gouvernement que ce soit, la nature a posé des limites aux malheurs des peuples. Au-delà de ces limites, c’est la mort, la fuite ou la révolte. « C’est le suicide, les haraghas, ou l’émeute ».

 

Il est donc urgent de procéder à un réajustement sociopolitique pour aboutir à « un mouvement ré-évolutionnaire moderniste». Il nous faut reconsidérer la situation générale et globale du pays à la lumière de la nouvelle donne et des transformations que subit notre société. Et partant, établir une plateforme qui définisse de nouvelles missions et objectif. Le but étant toujours le même, honorer nos pères en continuant leurs combats, défendre leur mémoire et leurs faire honneur : « Toujours, partout et à tout moment ».

Notre seule cible est le régime illégitime des imposteurs et des aventuriers qui ont confisqué l’indépendance de notre patrie et les libertés de notre peuple. Et dans cette Algérie du 20éme siècle « le peuple veut la vie, et force au destin d’y répondre ». Ni la manipulation ni la répression ne pourront s’y opposer !

 

Nous sommes à l’étape de l’émeute.

Un Etat chancelle quand il ménage les criminels, il touche  à sa ruine quand ils les élèvent aux premiers rangs.

                                                                                           

C.N Auteur Écrivain

Moudjahid membre ALN

Fils et frère de chahid